Superbe année pour l’automobile britannique

Plus de 1,7 million de voitures ont été assemblées au Royaume-Uni en 2016, un niveau sans précédent au 21e siècle, mais l’industrie se prépare à des temps incertains avec l’ouverture des négociations sur le Brexit, ont annoncé jeudi les professionnels du secteur.

L’Association britannique des constructeurs et des vendeurs d’automobiles (SMMT) a expliqué que la production nationale avait grimpé de 8,5% d’une année sur l’autre, atteignant son plus haut niveau depuis 1999.

Son directeur général, Mike Hawes, a souligné que près de 8 voitures sur 10 produites au Royaume-Uni étaient exportées, et que parmi ces dernières 56% partaient à destination des autres pays de l’Union européenne, notamment l’Allemagne, l’Italie et la France – vers laquelle les exportations ont bondi de 47,2%.

« L’année 2016 a été un succès formidable »

« L’année 2016 a été un succès formidable pour l’industrie automobile britannique. Les ventes sur le marché britannique ont établi en outre un record avec plus de 2,6 millions de véhicules écoulés. L’industrie est en bonne forme », s’est réjoui M. Hawes auprès de l’AFP. Sur le plan de la production de voitures, ces chiffres placent le Royaume-Uni autour de la troisième place européenne, derrière l’Allemagne et l’Espagne, et environ au niveau de la France – dont les données officielles seront publiées prochainement.

Les bons chiffres enregistrés au Royaume-Uni l’an passé n’ont toutefois rien à voir avec un quelconque effet du Brexit, les véhicules sortis des chaînes concrétisant des investissements lancés il y a trois ou quatre ans, a précisé le responsable. « 2017 sera plus compliquée, nous sommes dans une période beaucoup plus incertaine. Nous ne savons pas quelle sera notre future relation avec l’Europe et avec les autres marchés à l’exportation. Nous voyons en outre une hausse de l’inflation et des prix qui pourrait affecter le marché », a prévenu M. Hawes.

L’impact du Brexit

La Première ministre britannique, Theresa May, veut activer d’ici à la fin mars l’article 50 du Traité de Lisbonne afin d’ouvrir les négociations de sortie de l’Union européenne, suite au vote des Britanniques pour sortir du giron de Bruxelles lors du référendum du 23 juin.

Mme May a déjà annoncé que son pays quitterait le marché unique européen et chercherait à conclure un accord commercial avec l’UE. Les exportations et importations de voitures entre le Royaume-Uni et le reste de l’UE sont actuellement libres de tout tarif, mais en l’absence d’accord commercial s’appliquerait un droit de douane de 10% – correspondant aux règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).