Présidentielle : France Télévisions renonce au débat à 11

Plusieurs candidats ne voulaient pas d’un dernier débat à quelques jours de la présidentielle. Ils ont obtenu ce qu’ils souhaitaient : France Télévisions vient d’annuler le débat qui devait avoir lieu avec les onze candidats le 20 avril. Plusieurs interviews individuelles pourraient être réalisées à la place.

Le débat organisé par BFM TV et CNews sera finalement le seul ayant opposé tous les candidats à la présidentielle. France Télévisions vient d’annoncer qu’elle annule le débat qui devait avoir lieu le 20 avril.

Jean-Luc Mélenchon avait été le premier à s’inquiéter ouvertement de la date du débat. Le candidat de la France insoumise avait indiqué sur son blog  : «   Je ne crois pas possible de participer à une émission de cette nature au-delà du lundi 17 avril, compte tenu de mon programme d’activité et de la construction de ma campagne. » Le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), notamment sollicité par Emmanuel Macron, s’était par la suite inquiété de voir ce débat se tenir «   24 heures avant la période de réserve précédant le premier tour de l’élection présidentielle   », empêchant les candidats de répliquer si une nouvelle polémique devait émerger.

Onze interviews individuelles ?

France télévisions propose à la place de retransmettre onze interviews individuelles en direct, dont l’ordre serait déterminé par tirage au sort. Les interviews, d’une quinzaine de minutes, seraient réalisées par les journalistes David Pujadas et Léa Salamé, après une introduction commune. Seulement, plusieurs candidats ont émis des réserves sérieuses. Jean-Luc Mélenchon n’est toujours pas d’accord avec la date, d’autres candidats ont émis des réserves sur la question du tirage au sort, qui les contraindraient à attendre dans leur loge en attendant leur tour. D’autres encore jugent les journalistes désignés par la chaîne «   trop abrasifs  ». Ce qui donne peu de chances à l’événement de se tenir…

Les candidats doivent donner leur réponse avant la fin de la semaine.

Interrogé en marge d’un déplacement dans l’est de la France, Benoît Hamon a dit regretter que «   le service public audiovisuel ait cédé à la pression (en annulant le débat). Ce n’est pas bon pour la démocratie  », a-t-il ajouté, égratignant au passage ceux pour qui «   la démocratie, c’est quand ça les arrange   ».