Le photographe Marc Riboud est mort

Il est notamment connu pour sa photographie « La Fille à la fleur », en 1967, et pour ses clichés des événements de mai 1968.

Le photographe Marc Riboud est mort, mardi, à l’âge de 93 ans des suites d’une longue maladie, a annoncé sa famille, mercredi 31 août. Cet ancien de l’agence Magnum est notamment connu pour sa photographie La Fille à la fleur. Il s’agit d’une militante contre la guerre du Vietnam, face à des soldats en arme devant le Pentagone.

Il est également renommé pour son cliché Le Peintre de la tour Eiffel, un ouvrier en équilibre sur la structure de l’édifice parisien (1953). Maître du noir et blanc, grand reporter, Marc Riboud expliquait qu’il photographiait « comme un musicien chantonne ». Né le 24 juin 1923 à Saint-Genis-Laval, près de Lyon, dans une famille bourgeoise, Marc Riboud était le cinquième d’une fratrie de sept enfants parmi lesquels Jean Riboud, patron de Schlumberger, et Antoine Riboud, mort en 2002 et qui fut le fondateur et le PDG de Danone.

Il démarre la photo à 14 ans

Le père de Marc Riboud, banquier, est un homme de culture. Lorsque son fils à 14 ans, il lui offre un Vest Pocket Kodak. C’est ainsi que le jeune Marc démarre la photographie. Après avoir pris en 1943-1944 le maquis dans le Vercors, le jeune homme est élève de l’école Centrale de Lyon de 1945 à 1948. Il travaille ensuite comme ingénieur dans une usine de Villeurbanne où il s’abstient de revenir, après un congé de huit jours, et avoir pris la décision de se consacrer à la photographie.

En 1952, il monte à Paris où il rencontre Henri Cartier-Bresson et Robert Capa, les créateurs de Magnum, qui seront ses mentors. Il intègre l’agence en 1953, alors que paraît dans Life sa célèbre photo de Zazou, le peintre en salopette et en espadrilles qui repeint les poutrelles de la tour Eiffel.

L’un des premiers Européens à parcourir la Chine communiste

Marc Riboud, qui n’aime pas se mêler au milieu des photographes, part en Angleterre, aux Etats-Unis, puis fait le tour du monde. Il ira en Inde, en Chine communiste – qu’il est, en 1957, l’un des premiers Européens à parcourir -, en Algérie, en Afrique, au Vietnam, au Bangladesh, au Japon, à Cuba. Au printemps 2010, à 87 ans, il était de nouveau retourné en Chine à l’occasion d’une rétrospective de ses œuvres à Shanghai et Pékin. Président de Magnum de 1974 à 1976, il quitte l’agence en 1979 parce qu’il « n’aime pas la compétition pour la gloire » qui s’y développe.

« Toujours avec poésie »

La photo du Peintre de la tour Eiffel, « c’est la naissance du grand photographe Marc Riboud. Il vient de rencontrer Henri Cartier-Bresson et Robert Capa, qui sont ses parrains, et il décide d’aller photographier la tour Eiffel, explique à franceinfo Alain Genestar, directeur de la publication du magazine de photojournalisme Polka. Marc Riboud ne se rend pas à la tour Eiffel par hasard. Il sait qu’il y a des travaux. Il photographie ce peintre. Il a juste pris une pellicule. Il prend une douzaine de photos et cette photo fait la couverture de Life. » Il relève que Marc Riboud prenait également des « photos drôles, mais toujours avec poésie », « des scènes insolites. (…) C’est le cas de cette photo avec cette bonne sœur qui prend un taxi à côté de Notre-Dame ».

Les clichés de Marc Riboud ont été publiés dans de nombreux magazines comme Geo, National Geographic, Paris-Match ou Stern. Récipiendaire de plusieurs prix et auteur d’une quinzaine d’ouvrages, l’œuvre de Marc Riboud a été très souvent exposée dans des galeries et des musées, en France, à Londres et New-York. Certaines de ses photos prises Cuba sont actuellement présentes à Visa pour l’image, à Perpignan (Pyrénée-Orientales) jusqu’au 11 septembre.