Natacha Atlas dévoile son nouvel album, Myriad Road

La chanteuse anglo-égyptienne Natacha Atlas, prêtresse « électro world » dans les années 1990, habille de jazz ses intonations orientales dans « Myriad Road », son nouveau disque, produit par l’insatiable trompettiste Ibrahim Maalouf.

« J’avais flirté avec le jazz dans mes derniers disques », rappelle à l’AFP la prêtresse orientale. Dans Mounqaliba, son précédent disque paru en 2010, « il y avait une ou deux chansons déjà un peu jazz, comme ‘River man' », poursuit-elle. « En outre, tous mes musiciens depuis sept ans sont des joueurs de pur jazz quand ils font leur musique à eux, et ils sont très à l’aise là dedans, c’est leur vocabulaire ».

« Myriam Road » est né de la rencontre entre Natacha Atlas et le musicien franco-libanais, qui a produit le disque, mais en a composé aussi la majorité des musiques. L’écrin est jazz, et Natacha Atlas chante la plupart du temps en anglais. Mais sa voix sensuelle de soprano ondule toujours, avec ces inflections et cette ornementation toutes orientales qui sont sa griffe. La chanson d’ouverture folk jazz, qui s’intitule justement « Voyager », a l’accent des Balkans. Celui de « Something », avec flûte traversière, est plutôt brésilien. Le violoncelle de Vincent Segal donne à « Heaven’s Breath » un accent baroque.

Cosmopolite

Hikma (sagesse) est l’une des chansons du disque interprétées en arabe. « C’est la plus orientale », précise Natacha Atlas, qui maîtrise l’art du chant classique et des airs folkloriques arabes pour les avoir étudiés « entre 19 et 23 ans ». Dans cette chanson, l’accompagnement minimaliste au piano rappelle le style du pianiste-compositeur libanais Zad Moultaka, un classique contemporain adepte du mélange des cultures orientales et européennes. « Il y a toujours une relation avec la world music, bien sûr », affirme Natacha Atlas. La définition du mot cosmopolite du dictionnaire – « personne qui voyage à travers le monde sans se fixer, par goût ou par nécessité » – lui va comme un gant.

Née à Bruxelles il y a 51 ans d’un père égyptien médecin et d’une mère anglaise couturière, Natacha Atlas a suivi toute petite celle-ci à Londres après le divorce de ses parents. Elle est ensuite allée à la recherche de la branche égyptienne de ses racines, en choisissant de vivre quatre ans au Caire, après avoir passé deux années en Grèce, à Athènes et Naxos. Cette chanteuse ayant aussi séjourné dans les années 2000 à Los Angeles, partage aujourd’hui l’essentiel de son temps entre le sud-ouest de la France et l’Angleterre. Natacha Atlas n’en délaisse pas pour autant le monde de l’électro, où elle a imposé sa personnalité dans les années 90 comme chanteuse-danseuse de Transglobal Foundation, puis grâce à ses versions de « Mon amie la rose » de Françoise Hardy, récompensée en France en 1999, et de « I put a spell on you », un classique du rhythm’n blues.