L’éditeur de jeux Gameloft refuse l’OPA du groupe Vivendi

Ce lundi, Gameloft, l’éditeur de jeux sur mobile, a indiqué que son conseil d’administration rejetait à l’unanimité l’offre publique d’achat de Vivendi, déposée le 18 février. Selon le conseil, cette offre serait «  contraire à l’intérêt de Gameloft, de ses actionnaires, de ses salariés et de ses clients  ».

Déposée le 18 février dernier par le groupe Vivendi, l’OPA n’a pas emballé Gameloft. Comme indiqué dans un communiqué, le conseil d’administration de l’éditeur de jeux sur mobile a notamment pointé du doigt «  l’absence de rationnel industriel de ce projet de rapprochement  » et «  l’insuffisance des termes financiers de l’offre  ».

«  Depuis la vente il y a plus d’un an de son activité jeux, Vivendi, dont le chiffre d’affaires est en très grande majorité généré par la télévision payante avec Canal + et par la musique avec Universal Music, n’a plus aucune activité susceptible d’apporter des synergies à Gameloft  », a précisé le conseil. Le groupe français de médias s’est en effet totalement désengagé de l’éditeur américain de jeux vidéos Activision Blizzard depuis l’été 2013, touchant au passage un peu plus de dix milliards de dollars.

Gameloft dénonce une «  déstabilisation  »

Mis à part ce refus, l’éditeur de jeux semble également bien décidé à prouver qu’il peut se débrouiller seul  : «  en entreprise indépendante, Gameloft dispose de tous les atouts mis en place depuis sa création pour continuer la mise en œuvre de son plan industriel qui vise à tirer profit de la croissance de l’industrie des jeux sur mobile et en particulier de la très forte croissance du marché de la publicité programmatique sur mobile  ».

Si le positionnement de Gameloft est on ne peut plus clair, le conseil d’administration en a profité pour déplorer «  la déstabilisation  » de ses équipes, «  résultant de cette offre hostile et en particulier de ses créatifs et leur management très attachés au caractère indépendant de la société  ». Rappelons que depuis son entrée au capital d’Ubisoft et Gameloft en octobre dernier, Vivendi n’est pas le bienvenu. Yves Guillemot, l’un des fondateurs de ces entreprises, avait dénoncé «  l’agression de Vincent Bolloré  ». «  Prendre un pourcentage dans notre société sans discuter avec nous au préalable, ce sont des méthodes d’un autre temps. On n’entre pas dans une société en cassant la porte  !  », avait-il également dénoncé. Il semblerait que la hache de guerre soit donc loin d’être enterrée.