Le cinéma La Pagode vend son mobilier aux enchères

Les projecteurs de cinéma et les fauteuils de La Pagode, mythique salle parisienne d’art et d’essai, seront mis aux enchères ce mardi matin dans le cadre d’une liquidation judiciaire, a-t-on appris auprès de la maison de ventes Lemoine chargée de cette dispersion forcée.

Cette vente judiciaire ne concerne ni le bâtiment classé, ni les éléments de décors appartenant au propriétaire des murs qui a confirmé lundi à l’AFP sa volonté que la Pagode « reste un lieu culturel dédié au cinéma ».

Le mobilier d’exploitation de la salle de cinéma, dont deux projecteurs 35 mm, deux écrans et 400 fauteuils, mais aussi une caisse enregistreuse et des panneaux d’affichage, seront proposés au plus offrant. Installée dans une pagode ouvrant sur un jardin, dans le 7e arrondissement de Paris, La Pagode accueillait 100.000 spectateurs par an, notamment dans sa « salle japonaise », sous une charpente en bois sculpté venue spécialement du Japon.

Un conflit entre le gérant et le propriétaire des lieux

Le cinéma a ouvert en 1931 avec le titre de « salle spécialisée » dans le répertoire d’avant-garde. Connue pour sa programmation exigeante, La Pagode l’est aussi pour son jardin luxuriant, situé rue de Babylone. Le 30 octobre, le locataire-gérant, la SARL Cinéma La Pagode, a été mis en liquidation et expulsé au terme d’un conflit avec la société propriétaire des lieux, la SCI Foch Dauphine. Celle-ci estime que « la vente judiciaire dépouillera le lieu de ses attributs culturels ». Dans un communiqué, Elisabeth Dauchy, dirigeante de la SCI Foch Dauphine, a exprimé la volonté que La Pagode « reste un lieu culturel dédié au cinéma et ne souhaite pas que la Pagode soit modifiée ».